Marie Muzerelle

Dans une pratique des nouveaux médias, j’explore les usages d’internet et m’interroge sur la place de l’individu au milieu des diverses sollicitations attentionnelles mises en jeu. De part une boulimie d’informations, paranoïa et pressions sociales infusent IRL (In Real Life).

En suivant un certain nombre de communautés sur les réseaux sociaux (youtubeuses beautés, vegans abolitionnistes, survivalistes, sceptiques...), je me nourris de leurs croyances, leurs langages, mais surtout de la façon dont les membres cherchent à s’améliorer pour tendre vers un idéal qu’ils ont en commun. Visant à être toujours plus séduisants, plus éthiques, plus prévoyants ou plus prudents, une forme d’autodesign émerge.

Tel le CHO (Chief Happiness Officer) d’une entreprise, je travaille trop consciencieusement au bien-être de mes spectateurs avec des sites web, des vidéos ou des goodies, jusqu’à osciller entre premier et second degrés, entre confort et malaise.

Pour cela, pratiques numériques et psychologie sociale permettent d’élaborer des objets intrusifs et normatifs, infiltrés dans les espaces qui me permettent de m’adresser directement à un public ciblé. Au risque que les pièces soient noyées dans la masse, je me retrouve alors à jouer au jeu de l’économie de l’attention.